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À lire dans le journal
Les chiffres de sa carrière sont remarquables, mais ses parties méritent aussi d'être rejouées. Voici un point de départ pour comprendre Judit Polgár.
Dans les récits du jeu, Judit Polgár apparaît souvent comme une exception statistique. Cette formule dit peu de ses parties. Son parcours mérite d'être lu d'abord comme celui d'une joueuse qui a choisi de se mesurer aux meilleurs, avec un style combatif et des résultats qui ont rendu moins crédibles bien des idées reçues sur les échecs.
Née en Hongrie, Judit Polgár a obtenu le titre de grand maître en 1991, à 15 ans et 4 mois. C'était alors un record de précocité. La commission féminine de la FIDE indique qu'elle a atteint le top 10 mondial et dépassé les 2700 points Elo, des jalons rares au plus haut niveau du jeu.
Ces résultats ne doivent pas servir à inventer une trajectoire sans difficulté. Ils montrent qu'elle a affronté les mêmes adversaires de l'élite mondiale et construit sa place dans le classement général. Elle a participé au championnat du monde de 2005 et annoncé sa retraite de la compétition en 2014.
Sa réputation de joueuse portée vers l'initiative ne signifie pas qu'elle attaquait au hasard. En rejouant l'une de ses parties, observez d'abord la position des pièces avant le sacrifice ou l'avance de pion spectaculaire. Combien de pièces participent ? Quel roi manque de protection ? Quel coup adverse serait le plus gênant ?
Un bon exercice consiste à arrêter la partie juste avant un tournant et à noter votre propre candidat. Comparez ensuite avec le coup joué, sans attendre qu'un moteur résume tout par une évaluation. L'analyse sans moteur aide à formuler ce que l'on a réellement compris : activité, lignes ouvertes et calcul concret.
Dans un entretien publié par la FIDE, Polgár revient sur l'importance de pouvoir se confronter à tous les niveaux de compétition. Son parcours ne prouve pas qu'il existe une recette unique pour former un champion. Il rappelle plutôt que le talent et l'ambition doivent pouvoir trouver des occasions de jouer, d'apprendre et de progresser.
Si vous ne connaissez pas encore ses parties, choisissez-en une annotée et rejouez-la lentement. Une biographie devient plus intéressante quand elle conduit à poser des questions devant un vrai échiquier.
Après la lecture
Un plateau à installer, un jeu complet à offrir ou une pendule pour rythmer la partie. À chacun sa façon de jouer.
Échiquiers
Pour donner sa place à chaque partie.
Jeux d'échecs complets
Plateau et pièces réunis.
Pendules d'échecs
Pour jouer aussi avec le temps.